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QUI SOMMES-NOUS ?

Lancé le 5 mai 2019, REACnROLL propose chaque jour des chroniques et des débats en vidéo.

Rejeton du plouc et du facho, le réac était, dans l’esprit de ceux qui le dénonçaient à longueur d’éditos, le Gaulois réfractaire au devenir-progressiste du monde, l’empêcheur de s’ébahir en rond d’avoir une si belle âme. Un infréquentable qu’il fallait vouer à la mort sociale.

Cette entreprise d’épuration morale – ou prétendument telle – a échoué. Non seulement la litanie des procès staliniens et autres listes noires n’a pas permis d’éliminer les dissidents, mais elle a fait d’eux des emblèmes de la liberté de pensée auprès d’un vaste public qui ne partage pas forcément leurs idées (d’autant qu’eux-mêmes sont loin d’être d’accord entre eux), mais qui en a marre qu’on lui dise ce qu’il faut penser et qui il a le droit d’écouter.

C’est ainsi que "réac" est devenu un nom de famille qu’on arbore avec ironie, le signe de ralliement d’une tribu baroque où l’on aime s’engueuler et réfléchir en s’amusant, car on y refuse aussi avec la dernière énergie d’être englué dans l’esprit de sérieux du temps. Le regretté Jean Baudrillard l’avait compris par avance, lui qui, dans un texte célèbre, se demandait: "Pourquoi tout ce qui est moral, conforme et conformiste, et qui était traditionnellement à droite, est-il passé à gauche?" Sauf que, les réacs peuvent être, selon l’ancienne terminologie, de droite, de gauche, et même du centre, libéraux ou jacobins, adeptes du nucléaire ou décroissants, partisans de l’ordre ou zadistes dans l’âme. Ils n’ont en commun que leur amour des œuvres du passé et leur conviction, pour les plus jeunes et/ou les moins désespérés, que quelque chose du vieux monde doit être sauvé. Ce qui ne les empêche pas de jouir des bienfaits du nouveau.

"Ils sont partout", se plaignent ceux, qui des décennies durant, avaient fini par trouver normal de ne débattre qu’avec leurs semblables. En réalité, les réacs n’ont pas gagné la bataille des idées mais ils ont gagné celle du réel. "Il faut dire ce que l’on voit, mais surtout il faut voir ce que l’on voit", disait Péguy. Depuis deux ou trois décennies, les réacs ont été les premiers à voir ce qu’ils voyaient : territoires perdus, sécession islamiste, catastrophe scolaire

Quand une représentation d’Eschyle est interdite à la Sorbonne, qu'une conférence d’Alain Finkielkraut à Sciences-Po doit se faire sous haute surveillance, que les lubies diversitaires les plus dingues ont droit de cité à l’Université et que l’écriture inclusive s’impose à Normale Sup, décréter que le politiquement correct a perdu revient à confondre hégémonie et majorité. 

En réaction à la norme étouffante du progressisme de la table rase, nous voulons que notre pays retrouve l’art de la conversation publique qui a souvent été dans l’histoire la poursuite de la guerre idéologique par d’autres moyens. Voilà pourquoi Causeur et MICA (déjà producteur de MichelOnfray.com et de Polony.tv) se sont associés pour créer REACnROLL, une web TV payante dont l’ambition sera la dispute civilisée et le seul code la liberté de l’esprit. Nul n’y sera réprimandé pour des phrases trop longues ou des tournures trop compliquées. Et il n’y sera pas seulement question de politique ou des sujets triés par l’impératif de l’actualité, mais de tout ce qui nous parle de l’évolution de l’espèce, de la poésie à la surveillance numérique. On y verra les têtes connues, mais aussi les discrets et les taiseux, les grands aînés et les générations futures. Tous ceux qui se sentent parfois des mécontemporains – mais aussi tous ceux qui veulent dialoguer avec eux. Nous ne rêvons nullement d’un monde où toute le monde penserait la même chose que nous.

Si vous voulez qu’un tel lieu existe, abonnez-vous sans tarder. Conformément à l’injonction formulée par Philippe Muray, nous nous efforcerons toujours de "déconner plus haut que l’époque".